Skip to main content

English



Musique

Wolf Castle

Wolf Castle sm
📸: Annie France Noel

Wolf Castle est un rappeur, producteur et chanteur Mi’kmaq originaire de la Première Nation de Pabineau, au Nouveau-Brunswick – un endroit où l’on s’attend rarement à voir émerger une carrière rap. Pourtant tout chez Wolf Castle défie les attentes. 

Ayant grandi dans la réserve, au sein d’une famille d’artistes, de réalisateurs et de musiciens qui l’ont toujours encouragé, se lancer dans une carrière artistique semblait être un choix naturel. Salué comme « le jeune MC le plus prometteur des Maritimes » par Complex et « l’un des jeunes rappeurs les plus prometteurs du pays », par CBC Music, sa musique dégage une énergie et une sagesse bien au-delà de son âge, abordant des thèmes tels que l’amour, la perte, la célébration et la persévérance. 

Parle-nous un peu de toi et dis-nous quand tu as pris conscience pour la première fois de ta passion pour le rap.

J'ai grandi dans la réserve de la Première Nation de Pabineau, au Nouveau-Brunswick, aussi connu dans notre langue sous le nom d’Oinpegitjoig. Toute mon enfance, j'ai été entouré d'artistes, de conteurs et de musiciens. Chez nous, il était naturel que chacun participe aux arts, que ce soit en chantant en cercle pendant les fêtes ou en peignant sur des toiles avec du matériel acheté au Dollar Store avec mes frères et sœurs. L’art et la création faisaient partie de notre quotidien. 

Vers l’âge de 12 ans, j’ai eu la chance d’avoir une petite télévision avec le câble dans ma chambre. Ça m’a ouvert les portes de tout un monde avec des chaînes comme MTV et Much Music. C’est à cette période de ma vie que je suis devenu complètement fasciné par la musique. Un soir, alors que j’essayais de m’endormir avec Much Music en bruit de fond, la chanson « Juicy » de Notorious B.I.G. a commencé à jouer. Quelque chose dans ce son m’a brusquement réveillé, et j’ai regardé le vidéoclip avec attention. Cette chanson a touché une partie profonde de moi dont je n’avais même pas conscience, et c’est ce qui m’a donné envie de créer de la musique. 

Quelle est l'histoire derrière ton nom de scène, et en quoi reflète-t-il qui tu es aujourd'hui ?

Au tout début de ma carrière, je sortais des morceaux sous mon vrai nom : Tristan Grant. Après environ un an, cela ne me semblait plus tout à fait juste. Je voulais un nom qui sorte du lot et qui évoque davantage un personnage hors du commun à travers lequel je pourrais m'exprimer. 

Je cherchais un nom intéressant qui évoquerait une image puissante. Et honnêtement… heureusement, je n’y ai pas trop réfléchi. Les mots : « Wolf » et « Castle » me sont simplement venus à l’esprit. Je trouvais qu’ils évoquaient un personnage mystérieux et intéressant. Ce nom avait tellement de potentiel que j’ai décidé de l’associer, et depuis lors, je suis Wolf Castle. 

Wolf Castle 1
📸: Desmond Simon

Qu'est-ce qui vous inspire ou vous passionne en tant qu'artiste ?

J’ai toujours été avant tout un passionné de musique. Si j’ai commencé à en créer, c’est parce que j’étais profondément touché et inspiré par les artistes qui m’ont précédé — non seulement par les paroles, mais aussi par l’instrumentation. 

Je voulais désespérément être assez doué pour jouer de la musique et me produire sur scène, mais au début, j’étais loin d’être un musicien accompli. Apprendre à composer des chansons a été un long processus, mais je suis constamment motivé à m'améliorer. Le sentiment que je ressens au plus profond de mon moi lorsque j'arrive à assembler certains accords, notes ou idées musicales est incomparable. Ajoutez-y des paroles de rap qui s'accordent avec ces sons ; j’ai l’impression que je pourrais créer sans fin… C'est toujours agréable de travailler sans relâche son art et d'acquérir de nouvelles compétences au fil du temps.

Quelles sont vos principales influences musicales ou sources d’inspiration, et comment ont-elles façonné votre son ?

Mes plus grandes influences musicales sont Mac Miller et Tyler, the Creator. J’admire énormément le travail qu’ils ont accompli en tant qu’artistes indépendants ayant atteint la célébrité grâce à leur créativité. C’est tout simplement de la créativité à l’état pur. J’aime aussi énormément l’art de créer un refrain ou une mélodie accrocheuse, quelque chose que la musique pop maîtrise particulièrement bien. Je m'efforce toujours de créer des chansons aux paroles profondes mais accrocheuses à première écoute, car c'est le genre de musique que j'apprécie : des chansons qui trouvent un équilibre entre ces deux éléments. 

D'autres artistes qui m'inspirent : 

Daft Punk
Anderson .Paak 
k-os
Kendrick Lamar
Justin Bieber

Comment se déroule ton processus créatif lorsque tu écris et composes de nouvelles chansons ?

J'écris toujours mes chansons avec de la musique, jamais sans. L'instrumentation proprement dite doit venir en premier. C'est là que je puise mon inspiration. Je me demande ce qu’une certaine progression d'accords ou certains sons me font ressentir sur le moment, et tout se met en place à partir de là.

En général, j'écris aussi vite que possible pour mettre les idées sur papier, puis je peaufine à partir de là.

Quels thèmes, histoires ou expériences reviennent souvent dans ta musique ?

Le rap, en tant que genre musical, trouve son origine dans le fait que le chanteur raconte ses propres histoires et représente sa communauté – c’est ce qui est au cœur de mes chansons. Je suis un homme mi’kmaq qui a grandi dans une petite réserve. J’ai toujours eu l’impression de vivre dans deux mondes distincts, et ma musique en est le reflet. 

De nature optimiste, j’essaie toujours de voir le bon côté des choses et le côté positif de mes expériences, et ma musique aborde généralement ces thèmes. Il s’agit de surmonter les obstacles, de devenir une meilleure version de soi-même, parfois au-delà de ce qu’on croyait possible, et de garder espoir pour l’avenir. 

Comment te prépares-tu pour un spectacle ou un concert ?

Dans les jours précédant un spectacle, je répète toujours au moins deux fois par jour. Je m'assure de connaître parfaitement mes paroles et de bien maîtriser ma respiration. Je fais également de l'exercice plusieurs fois par semaine pour maintenir mon endurance, car mes performances sont généralement très énergiques ! 

Le jour du spectacle, je fais de mon mieux pour ne pas penser au fait que j’ai un spectacle plus tard dans la journée ! Je fais généralement quelques squats pour échauffer mes jambes, je respire profondément et je bois beaucoup d’eau. Les seules choses que je refuse de faire le jour d’un spectacle, c’est boire du café ou manger des hamburgers. 

Wolf Castle 2
📸: Kelly Baker

Quelle chanson de ton répertoire te tient le plus à cœur, et pourquoi ?

« Gravity / Levity », sans hésiter. Elle résume mes origines, explique pourquoi je crée la musique que je crée, et c’est une lettre d’amour aux gens et aux villes qui m’ont vu grandir. <3 

As-tu une chanson préférée à interpréter en concert ? Si oui, laquelle et pourquoi ?

Ma chanson « Ulgimoo ». C’est l’une des meilleures chansons que j’ai écrites, et elle fait référence à une vieille légende mi’kmaq. De plus, les parties de guitare sont très agréables à écouter. Ça me fait vibrer à chaque fois. 

En tant qu’artiste Mi’kmaq, en quoi votre éducation et votre parcours ont-ils influencé votre musique ?

C’est ancré dans ma musique comme de l’ADN. Tout ce dont je parle, chaque son que je produis, vient de mon point de départ : l’expérience vécue d’une personne autochtone dans le monde moderne. Que j'aborde ce sujet directement ou non, ma musique reste de la musique Mi'kmaq. 

J'aime ma culture, mes origines, et j'essaie de les partager avec autant de fierté que possible, car elles me procurent beaucoup de bonheur. 

Qu'espères-tu que le public ressente ou retienne de ta musique ?

Je veux que le public s'amuse. Qu'il réfléchisse à sa propre vie, aux bons comme aux mauvais moments, et qu'il accepte que tout cela fait partie de l’expérience humaine. Il n'y a pas besoin de courir après le bonheur ni de fuir la tristesse, la colère, etc. Tout cela suit un rythme de va-et-vient. Cela fait partie de mes valeurs personnelles et de ma façon de voir les choses. Je m'efforce de vivre pleinement ma vie, ce qui signifie tout accepter. 

C'est ce que j'essaie de transmettre à travers ma musique. Et le fait qu'on peut tout de même s'amuser énormément en le faisant. 

Quel a été votre plus grand succès ou erreur dans votre parcours d'artiste, et comment avez-vous évolué ou appris de cette expérience ?

C'est difficile de définir mon plus grand succès, mais c'est sans doute le fait d'avoir composé ma toute première chanson dès le premier jour de ma carrière. Ça me semblait impossible avant de devenir musicien.

Ma plus grande erreur a été d'écouter les autres qui essayaient de me dire quoi faire avec ma musique ou ma carrière. Il faut toujours prendre tout ça avec des pincettes, et se rappeler que l'argent ou la célébrité ne sont pas essentiels. L’important, c’est toujours aborder l'art avec amour et émotion ! 

Comment le fait de vivre et de travailler au Nouveau-Brunswick vous a-t-il aidé ou inspiré dans votre parcours ?

Cette région est ma terre natale et celle de mes ancêtres bien avant l’existence du « Canada ». Pour moi, il n'y a aucun doute que je resterai ici pour mener ma vie d’artiste. Honnêtement, je ressens une certaine pression en tant que jeune artiste de partir ailleurs, mais aucun autre endroit ne m’a semblé être le bon. C’est ici que je suis chez moi, et cela me permet de raconter des histoires que seul quelqu’un de l’Atlantique peut raconter authentiquement. Je trouve ça bien d’être un rappeur originaire de Woods. 

Comment votre parcours d'artiste a-t-il évolué au fil du temps? Y a-t-il eu des moments ou des expériences clés qui ont façonné votre façon de créer aujourd'hui?

Revenons sur les débuts de ma carrière. Mon oncle Raymond est musicien ; c’est lui qui m’a appris à écrire des chansons, mais aussi à les enregistrer et à les interpréter. La meilleure leçon que j’ai apprise, c’est de ne pas trop m’attacher à ce que je crée. Il faut simplement créer. Si tu ne composes qu’une seule chanson dans ta vie, tu n’as aucune marge de progression. Si tu en composes 50, tu as plus de chances d’apprendre quelque chose, voire de créer un morceau génial !  Je garde cette philosophie encore aujourd’hui. 

Décrivez ce dont vous êtes le plus fier ou la plus fière dans votre carrière.

Le vidéclip de « Gravity / Levity ». Nous l’avons tourné dans ma réserve natale, celle de la Première Nation de Pabineau, lors d’un concert avec la communauté. Toute ma famille y apparait : ma charmante fiancée Allison, mon frère et ma sœur, ma mère ainsi que de nombreux oncles et tantes.  Le tournage de cette journée a été un moment merveilleux : être autant soutenu par ma communauté, les voir apprécier autant mon art et m’accueillir à nouveau chez moi… c’était incroyable. Et j’ai tout immortalisé en vidéo. 

À quoi ressemblerait le projet de vos rêves ?

Mon projet de rêve serait de produire un album grand public avec un budget colossal, beaucoup d’artistes invités, un album qui serait un mélange de pop, de funk et de jazz. Est-ce que ça pourrait marcher ? Qui sait. Il suffirait d'y faire participer Stevie Wonder et je ne me soucierais même pas de l'accueil que ça recevrait, ha ha ha. 

Quels conseils donneriez-vous aux musiciens en herbe ?

Quelques réponses à brûle-pourpoint : 

Faites ce que VOUS avez envie de faire. 

Personne n’a exactement le même parcours que vous, vous êtes donc unique ! Partagez-le avec le monde entier. 

Il y a une différence entre faire de la musique en tant qu’artiste et en faire son métier ! 

Gardez la propriété de vos masters et de vos droits d’auteur (croyez-moi) 


Bienvenue! Le site Web Inspiré par le N.-B. a évolué pour devenir Arts Culture N.-B.

Nous sommes ravis de vous accueillir. Vous trouverez le même excellent contenu, et bien plus, avec une toute nouvelle apparence. Pour en savoir plus

English